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Rhodnie Désir

Née d’une mère de Gonaïves et d’un père de Port- au- Prince (Haïti), l’artiste montréalaise articule son geste à partir de langages chantés ou parlés spécialement créés pour chacune de ses œuvres. De là émane une gestuelle, tel un marqueur de temps unique : une contemporanéité s’inspirant des traditions issues d’Haïti ainsi que d’Afrique centrale et de l’Ouest. Sa signature se reconnait par son amour pour l’objet et l’utilisation multidimensionnelle qu’elle en propose, sur le plan narratif et dans une atmosphère épurée, afin de tracer un pont entre le présent et la mémoire du passé.

Diplômée en communications et en marketing (Université de Montréal, HEC Montréal), en lancement d’entreprise (SAJE Montréal Métro) et du Programme d’entrainement et de formation artistique et professionnel en danse africaine (Zab Maboungou/Compagnie Danse Nyata Nyata), elle a suivi des stages professionnels avec des maîtres tels que Koffi Kôkô, Seydou Boro, Salia Sanou, Lena Blou, Peniel Guerrier, Zelma Badu-Younge, Bakari Lindsay et Sully Cally.

Son œuvre phare BOW’T (2013) la fait rayonner sur la scène locale et internationale (Burkina Faso, Brésil, Martinique, Haïti), s’ajoute à son répertoire de huit oeuvres (VÍ, VÍ[REC], É’TA, BOW’T, AYEWA, D2US’T, DUSK SOCIETY, et actuellement en création: MWON’D) et à ses collaborations avec la compagnie contemporaine martiniquaise Art&Fact (DEUX LOVE ME TENDER - 2016-2017 / Martinique, Cuba).

Philip Spzorer (Dance Current Magazine), cite l’œuvre parmi ses « Révélation 2014 ». Avec BOW’T, Rhodnie reçoit trois invitations de la très honorable Michaëlle Jean (Secrétaire générale de l’OIF, ancienne Gouverneure générale du Canada) et est l’unique artiste d’Amérique du Nord à participer au Festival International de danse de Ouagadougou 2014.

Elle est l'unique canadienne et artiste de la danse à être invitée comme panéliste spécialiste au séminaire « Les artistes et la mémoire de l’esclavage : résistance, liberté créatrice et héritages » (UNESCO/2015).

En décembre 2015, Rhodnie démarrait le BOW’T TRAIL, un projet chorégraphique et Web-documentaire international retraçant l’héritage rythmique et de résistance marquant des peuples africains et afro- descendants. Ainsi, elle réveille et valorise les mémoires et l’apport des peuples d’ascendance africaine à la diversité culturelle des sociétés contemporaines du monde. Une forte valorisation du patrimoine immatériel qui lui valu la reconnaissance du projet La Route de l’Esclave (UNESCO). Ce projet novateur a aussi mené Rhodnie en Martinique, en Haïti et au Brésil, où elle fut invitée par le Grand témoin de l’OIF - Manu Dibango - à réaliser le BOW’T TRAIL lors de la programmation culturelle francophone des Jeux Olympiques de Rio de Janeiro 2016. La même année, Rhodnie s’est démarquée lors du 4e Gala des Lys de la Diversité du Québec (l’Agence de presse Médiamosaïque), en se méritant le Grand Prix Lys de la Diversité - Catégorie Relève pour le BOW’T TRAIL. En 2017, l’innovation artistique du projet est souligné la bourse l’octroi exceptionnel du Programme Nouveau Chapitre du Conseil des Arts du Canada.

Mentionnons aussi que depuis 2008, Rhodnie est aussi la femme d’affaire derrière l’entreprise d’action culturelle DÊZAM
(2008-...) et Rhodnie Désir Créations (2017) ; et qu’elle est fréquemment invitée à titre de conférencière dans les universités (Sommet des Amériques sur la culture, UConcordia, Duke University, UQUAM, CELAT...).

Impliquée dans l’avancement de son milieu, elle a siégé sur le CA du Festival Quartiers Danses, du Regroupement Québécois de la danse (et présidé son comité diversité), et préside actuellement le Montréal, Arts Interculturels; en plus d’être fréquemment invitée par les Conseils des Arts (CALQ/CAC) à agir à titre de jury de pairs.